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“La Bhagavad-Gîtâ ou Le Chant du Seigneur est donc un dialogue entre le Seigneur Krishna et Arjuna, le héros humain. Le terme Arjuna signifie ‘le mental’. Le terme Krishna se traduit de différentes manières : la Lumière, la SurÂme, Dieu, le Seigneur, etc.

Le cadre est une bataille entre cousins qui a lieu en Inde ancienne, à Kurukshetra. D’un côté les Pandavas, signifiant les 5 parties, et cela symbolise les chakras ; de l’autre, les Kauravas, les 100 fils du roi aveugle Dhritarashtra. Les deux familles ne pouvant résoudre leurs conflits, la bataille va donc commencer.

Le roi aveugle a 100 fils et aussi un magicien, un yogi mystique comme conseiller et ami du nom de Sanjaya. Le chant, le dialogue commence quand le roi aveugle pose une question à son conseiller. Via ses pouvoirs yoguiques, Sanjaya est capable de voir par clairvoyance et d’entendre par clairaudience ce qui se passe sur le champ de bataille.

Le premier verset de la Gita commence quand le roi aveugle Dhritarashtra demande à Sanjaya:
Sur le champ du devoir, sur le champ des désirs du cœur,
Assemblés et prêts à résoudre qui sera le Sire final,
Mes cent fils ou les cinq fils de Pandu,
Qu’ont-ils fait ? Qu’ont-ils fait ?

Il y a une bataille entre la lumière et les ténèbres, symbolisée par le roi qui n’est pas aveugle et a donc très peu de fils (symboliquement cinq fils, les cinq chakras) et le roi aveugle de naissance qui prolifère et qui a cent fils.

Le symbolisme ici est que la bonté est rare et l’ignorance abonde. Mystiquement tout le poème est symbolique et la question revient à comment 5 peuvent battre 100. C’est un rapport de 1 à 20, un symbolisme très important.

A un deuxième niveau, il y a aussi une signification double.
Le roi a demandé : “Sur le champ du devoir, sur le champ des désirs du cœur”… Là est le véritable champ de bataille.

Dans un sens on pourrait dire que la bataille est la bataille de la dualité, comme l’ancien dieu Babylonien des ténèbres et le dieu de la lumière, le principe de l’ignorance et le principe de l’intellect, le cœur et la tête.

Beaucoup de choses sont produites par le cœur mais très peu par la tête, et la tête devrait toujours gouverner le cœur. A un niveau yoguique personnel, cela signifie que nous sommes sur le champ sacré, un champ de rituels. C’est ce que signifie vraiment ce mot. Nous avons tous ce combat dans notre tête et dans notre cœur.

Le cœur a produit beaucoup de choses comme maisons, voitures et comptes bancaires, toutes les émotions ont des forces puissantes qui produisent des souffrances auto-créées.

L’enjeu est de savoir comment parvenir à cette bataille ultime, comment trouver et comment gérer celui qui sera le ‘sire final’, le grand roi qui ultimement gouvernera : la sagesse ou l’ignorance ? Les chakras ou toutes les émotions qui gouvernent notre vie ? Allons-nous faire ce que désire notre cœur ou ce que demande le devoir ?

Les anciens moines bouddhistes japonais et les anciens moines catholiques diraient quelque chose comme “Pro deo et patria”, pour Dieu et la patrie. Il n’y a pas de place pour les désirs du cœur. Ou “Dulce et decorum est pro patria mori”, c’est une chose belle et noble de mourir pour son pays.

C’est une bataille ultime et si nous la perdons, nous vivons à jamais dans et avec les émotions et les désirs de notre cœur, un monde d’émotionalité et d’ignorance.

Le poème commence sur un champ de bataille, signifiant que cette vie est un champ de bataille et que nous devons vaincre notre ennemi. Immédiatement tout le monde se crispe, refusant de devenir violent. L’ennemi n’est pas là-bas, l’ennemi est vous pour vous et moi pour moi. Comprenez-vous ?

La Vie est un champ de bataille symbolique, un schéma. Nous devons sortir victorieux et surmonter les schémas négatifs de notre vie.

Historiquement, le champ appelé Kurukshetra, ‘la plaine de Kuru’ en Sanskrit, est situé en Inde dans l’état de Haryana, et pendant 7000 ans environ, de façon continue, il fut utilisé pour les rituels sacrés.

Or la vraie raison pour laquelle le roi aveugle pose la question, c’est parce qu’il sait où a lieu la bataille : le champ de bataille est un endroit où rituel après rituel, sacrifice sacré après sacrifice sacré, Yajna après Yajna ont été accomplis. Et par conséquent quand les forces démoniaques viennent sur ce champ de bataille, le roi peut être aveugle, mais il n’est point sot, il en connaît déjà l’issue. Sur un champ qui est déjà sacré par l’accomplissement de Yajna, le Bien gagne…

Cette vie, votre vie, est le champ de bataille, mais c’est un champ de bataille qui est sacré grâce à tous les anciens Rishis, sages, prêtres, maîtres, hommes sacrés, femmes sacrées qui ont continûment sacrifié toute leur vie dans un rituel, et de toute évidence mères, pères, amis, invités et tous ceux qui ont aimé non-égoïstement, et l’amour est toujours producteur de sacrifices…

Goswami Kriyananda in La Gita pour les Débutants

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