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“L’un des mythes dans le Matsya Purana traite de la dissolution de l’ordre cosmique des choses. Le Dharma se dissout peu à peu du monde jusqu’à ce que seul reste le chaos et que seuls le désir et la convoitise animent l’humanité. À ce moment, il n’y a pas de sages sur terre. Il n’y a personne pour parler le mot sacré. 

C’est pendant la période de non-manifestation entre la dissolution et avant la re-création du Cosmos que ce Purana raconte la merveilleuse légende du sage Markandeya.

En effet, à cause d’un événement curieux, dans un modèle de transformations archétypales appelé L’Océan Cosmique, Markandeya voit le Seigneur sous la forme d’un géant qui dort sur l’Eau Cosmique, puis d’un enfant Divin qui joue sous l’arbre formique et enfin du Jars Sauvage majestueux dont le chant projette la Création et aussi la dissolution du cosmos.

Cela commence avec le Jour de Brahma qui s’achève. L’Être suprême ressent maintenant un désir ardent de réintégrer en lui-même le cosmos usé. Tous les êtres, des dieux à chaque brin d’herbe, vont se dissoudre dans Son être. Tout sera attiré de nouveau en lui : Dieux, Êtres célestes, Titans, esprits, animaux, toute l’humanité ainsi que rivières, montagnes et océans. Tous retourneront à leur Source Cosmique. 

Le processus de dissolution est clair : chaleur violente avec sécheresse suivie de pluies torrentielles, puis chaleur violente encore jusqu’à ce que tout ne soit plus que poudre fine. Viennent alors des vents forts soufflant tout en cyclones. Se produit une friction enflammant la poussière qui devient cendre. Les pluies surviennent à nouveau et dissolvent la cendre dans le néant, dans une Eau de Non-Existence. Quel est le schéma ? 

La première phase, c’est la chaleur provenant du chakra Mars puis vient la pluie du chakra Jupiter puis la chaleur mais cette fois du chakra Solaire puis davantage de pluie encore du chakra Jupiter, puis commence le vent, c’est l’Air du chakra Mercure. Si vous suivez ce schéma : on recommence au chakra Mars avec le Feu, on retourne au chakra Jupiter au point de Non-Existence. En d’autres termes, la projection s’est retirée.

Pour résumer :

  • Chaleur (Mars) 
  • Pluie (Jupiter) 
  • Chaleur (Soleil) 
  • Pluie (Jupiter) 
  • Vent [Air] (Mercure) 
  • Feu (Mars)
  • Eau (Jupiter) et tout retourne à l’océan primordial d’où tout a jailli. 

Le soir, le fait de faire tourner les courants Kriyiques le long de votre colonne vertébrale dans le même ordre vous révélera que le schéma du macrocosme est exactement le même dans votre être, dans votre complexe physico-mental.

Les Puranas vous révèlent ce secret : ils vous donnent un Yantra vraiment puissant pour dissoudre tout karma négatif – à partir du moment où vous ne perdez pas conscience quand vous tournez autour de votre arbre chakrique.

Le Soleil, la Lune et les étoiles, tous disparaissent donc dans le ‘jus’ indifférencié d’où ils sont venus. La Pluie Cosmique et sa marée deviennent une étendue illimitée d’eau. Ainsi commence la Nuit de Brahma. Tout se passe comme l’araignée qui descend sur le fil produit de son propre corps, puis retire le fil en elle-même. Selon les Mystiques, Dieu a donc de nouveau consumé la Toile du Cosmos. 

Or, sur l’océan infini des Eaux de Non-Existence, dort, en partie submergé, un être géant : le Seigneur Suprême. Il n’y a personne pour le voir. Il n’y a personne pour le connaître. Il n’y a aucune connaissance de Lui, sauf de ce qui se trouve à l’intérieur de Lui. 

Il n’y a que cet être anthropomorphique et l’Océan Cosmique sur lequel il dort. C’est apparemment la manifestation double d’une essence unique, car l’océan et la forme sont le Seigneur Suprême. Dans le symbolisme oriental, le symbole de l’eau est le serpent, Naga en Sanskrit. 

Normalement, le Seigneur repose sur les écailles d’un serpent exceptionnel, Ananta signifiant infini ou sans fin (à ne pas confondre avec Ananda, la Félicité). L’Être Cosmique passe la nuit universelle allongé sur cet océan serpentin fait de sa propre substance cosmique. 

A l’intérieur du Divin se trouve le Cosmos, comme un bébé dans le ventre de sa mère. A l’intérieur du Divin, le cosmos est restauré dans sa perfection primitive. À l’extérieur du Divin, ne règne que l’obscurité. Or, pendant l’intermède Cosmique, a lieu un incident incroyable. 

Dans cette section des Puranas, le sage Markandeya, être immortel mythique, erre à l’intérieur du Divin, visitant tous les ermitages sacrés et se réjouissant des pratiques vertueuses des maîtres et de leurs étudiants. Il marche ici et là et partout où il va, que voit-il ?  De superbes temples, de magnifiques bibliothèques pleines d’Enseignements, tout le monde est harmonieux, tout le monde est paisible, tout le monde accomplit son Dharma. Il s’arrête aussi aux temples sacrés pour vénérer. La piété des gens dans les pays qu’il visite le ravit.

Soudain, lors de ses pérégrinations, quelque chose survient. “Dieu baille” et Markandeya le sage glisse par inadvertance hors de la bouche du Suprême et chute dans le sombre Océan Cosmique, dans les Eaux de Non-Existence. Tout d’abord Markandeya ne voit pas le géant endormi. Il ne voit que le vaste océan, dans une totale obscurité, s’étirant à l’infini dans toutes les directions, dans une nuit sans étoiles. 

Pataugeant dans l’eau sombre, il est saisi de peur. Il panique, il pense qu’il va se noyer bien qu’il se sache immortel. Cependant, le sage commence à questionner, à réfléchir et à douter. De se demander, “Est-ce un rêve ? Suis-je sous l’empire d’une Illusion ? Ce doit être une hallucination car je n’ai jamais rien expérimenté de tel auparavant. Ce doit être mon imagination car le monde, tel que je le connais, n’est pas ainsi. Aucun Soleil, aucune Lune, aucune étoile, aucun vent et aucune montagne. Tout a disparu, même le monde. Dans quel genre d’univers je me trouve ?” 

Markandeya se pose l’éternelle question, “Qu’est-ce qui est réel ?” En mysticisme, la ‘réalité’ est une fonction du mental de l’individu. La réalité, telle qu’elle est perçue, est le résultat des limitations de la conscience individuelle. Quand le sage était à l’intérieur du corps de Dieu, il percevait une réalité qui, à son sens, était ordonnée, hospitalière et substantielle. Mais ce n’était qu’un rêve dans le mental du Divin dormeur. 

Maintenant, étant tombé hors du corps de Dieu et dans la Nuit Cosmique, la substance primordiale de Dieu apparaît au mental du sage comme le chaos et une illusion embrouillée. Il se dit, “Ce n’est pas ainsi. C’est impossible. Ce ne peut pas être réel”. Le sage recherche le but des pratiques yoguiques qui consistent à transcender les limites de la conscience individualisée.

Dans les Mythes Puraniques, les personnages principaux donnent des concepts philosophiques, cependant le mythe lui-même n’est jamais expliqué. Ils ne sont pas commentés ouvertement ou expliqués mais soumis à l’imagination et à l’intuition du chercheur. Ainsi les Puranas accomplissent-ils leur fonction en passant au non-mystique la sagesse ésotérique du yoga et l’expérience mystique yoguique. 

Quand on médite sur ces mythes, différentes facettes de la Vérité se révèlent selon le niveau d’évolution spirituelle du chercheur. Le symbolisme des Puranas résiste à toutes intellectualisations et à toutes tentatives de réduire leur signification à une signification fixe stérile. Œuvres de nombre d’âmes sur une vaste étendue de siècles, les Puranas sont donc différents des mythes grecs ou romains qui sont l’œuvre d’un individu qui a pu ou non saisir l’essence d’une culture. Mais, revenons au Sage…”

Sri Goswami Kriyananda in Les Puranas, Mythes de la Création

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