Le but du Yoga : transcender les limites de la conscience individualisée

Plage, mer et rochers

“Le but et le dessein du Yoga est de transcender les limites de la conscience individualisée afin de voir la Réalité au-delà de cette conscience individualisée.

Tout le symbolisme mythologique des Puranas, toute cette psychologie symbolique ont une signification essentielle. Ils sont destinés à transmettre la Sagesse de ces sages de jadis sous une forme imagée, telles que visions, expériences mystiques que presque tous les yogis vivent dans leur vie quotidienne.

Beaucoup pensent que ces visions sont des expériences psychiques. Mystiquement, ce ne sont pas des expériences psychiques. Ce sont des expériences mystiques, ce qui est très différent. La Réalité (connaissable) étant une fonction de la conscience, nous devons transcender les limites de la conscience individualisée pour voir cette Réalité. Voir cette Réalité ne signifie pas devoir aller `là-haut’. Nous pouvons aller profondément à l’intérieur. Pourquoi ? Parce que les Anciens l’ont dit, “En haut comme en bas. Hier comme aujourd’hui et comme demain”.

Ce qui est vrai de nos expériences individuelles est vrai de l’Univers Cosmique. Ce qui est vrai de l’Univers Cosmique est aussi vrai de nos expériences individuelles. Surtout, ce que vous découvrez au sujet du Cosmos est, dans un sens symbolique profond, vrai des expériences psycho-physiologiques de votre être. Bien que ces choses paraissent si communes, nous manquons d’accepter le miracle qu’est la vie quotidienne.

Bien que Patanjali parle des huit étapes du yoga, trois sont vraiment essentielles :

  • Concentration, parfois appelée attention fixe
  • Contemplation, parfois appelée méditation
  • Samadhi ou absorption totale ou extase consciente.

L’attention fixe est dirigée exclusivement et pendant de longues périodes de temps sur un objet unique. Yoganandaji et mon Guru Shelliji enseignaient que le sujet sur lequel fixer l’attention importait peu du moment que le mental se fixait sur quelque chose. Néanmoins, respectueusement, parce que les choses sont des symboles, et que les choses ont une forme… et que la forme donne de l’énergie, l’objet sur lequel vous fixez votre mental est vital.

Il est vrai que tout objet fonctionnera mais le résultat dépendra de façon très importante de la forme sur laquelle vous fixez votre mental. Par conséquent l’Ishta comme forme ultime de concentration et de contemplation exclusive à long terme est vital en termes de résultat. Importants, ces principes ou stades fondamentaux sont interconnectés.

Tout dépend de la méditation qui, avec le temps, mène au Samadhi. La méditation est un auxiliaire du style de vie et le style de vie est un auxiliaire de la méditation. Sans un style de vie sain, sensé, responsable, sage, éclairé, judicieux, rationnel et lucide, il ne peut y avoir de méditation profonde. Sans conscience de soi quotidienne, il ne peut y avoir de méditation significative.

A moins d’avoir un style de vie sain comme tremplin à la méditation, nous ne pouvons atteindre des étapes mystiques plus profondes. Nous ne pouvons pas fulminer, tempêter, courir dans tous les sens et espérer atteindre la méditation en fermant les yeux. Tout requiert un style de vie sain tranquille paisible, non précipité. De là et seulement de là, pouvons-nous avancer d’un pas vers la Révélation Cosmique.”

Commander Les Puranas, Mythes de la Création

Goswami Kriyananda in LES PURANAS, Mythes de la Création, Chap. XIII

Le Chemin du Kriya Yoga est la Voie des Mantras

Chakras et mantra sur fond bariolé

Le Chemin du Kriya Yoga est la Voie des Mantras. AUM est la mère de tous les mantras. Le son-mère du AUM est A.

Les sons mantriques des Tattvas sont : A – Ê – I – O – OU. Les sons peuvent être graves ou aigus. Indépendamment de la sonorité grave ou aigüe, ces sons doivent toujours être placés dans la colonne vertébrale. Par exemple, chantez le son A en le plaçant dans la gorge ; puis dans le cœur puis au plexus solaire ; puis au creux des reins et enfin au coccyx à la base de la colonne vertébrale. Chantez le son A de haut en bas et de bas en haut.

Selon le Yoga, il y a 7 Tattvas :  5 denses et 2 subtils. Les 2 Tattvas subtils sont le Tattva Soleil et le Tattva Lune ; ils sont plus difficiles à appréhender et à comprendre que les 5 autres.

SONS MANTRIQUES ELEMENT TATTVA
A Ether, Akasha Tattva Mercure
Ê Air Tattva Vénus
I Feu Tattva Mars
O Eau Tattva Jupiter
OU Terre Tattva Saturne

Le Tattva Mercure ou Ether contient les banques mémorielles de toutes les existences, de tout et de tous. Mercure contient la mémoire de tout ce qui existe dans l’Univers. En inversant cette série des sons mantriques, en partant du bas de la colonne vertébrale jusqu’à la gorge, vous retournerez doucement aux mémoires Akashiques : OU-O-I-Ê-A .

En pratiquant le Tattva Mantra, nous tendons à nous centrer, et nous commençons à nous souvenir du passé, à nous remémorer graduellement les événements passés. La pratique de ce Mantra aide à équilibrer le karma des vies passées et à dissoudre le karma lourd.  

Si nous avons une santé fragile, ou si nous vivons un morceau de karma difficile, nous devons nous demander quelles sont les raisons de cette difficulté. Supposons que ce soit une fièvre importante, nous pouvons alors reconnaître le Tattva Feu. Pour adoucir cette douleur, nous avons besoin d’aller au Tattva supérieur, le Tattva Air. Par conséquent, en chantant le Mantra Ê et en le ressentant au niveau du cœur, la fièvre tendra à disparaître.

Deux secrets : Plus on monte dans le système Tattvique, plus aigu doit être le son mantrique. Donc, plus on descend dans la colonne vertébrale, plus grave doit être le son. Et l’on doit sentir les vibrations du mantra au niveau du chakra.

Technique du ressenti des vibrations du mantra au niveau du chakra :

Pratiquez pendant un mois, et ressentez le Mantra A dans le chakra Mercure avec un son aigu, au niveau de la gorge.

Puis répétez-le et ressentez-le dans le chakra Vénus d’une manière un peu moins aiguë, au centre de la poitrine.

Puis dans le chakra Mars au niveau du creux de l’estomac…

Ensuite dans le chakra Jupiter, au creux du dos…

Et enfin dans le chakra Saturne avec un son grave, au bas de la colonne vertébrale.

Vous devez vraiment ressentir la vibration du chakra dans le corps astral et la vibration de ce mantra dans le chakra. 

Le secret de la vie spirituelle est de s’oublier soi-même. Pour ce faire, vous devez aller vers quelque chose de plus grand que vous.

Le but spirituel de la vie est d’être heureux ; rien de plus, rien de moins. Le bonheur, ce n’est pas le bonheur d’avoir atteint quelque chose, mais d’être conscient d’être conscient de Soi. Essayez de vous dissoudre dans un soupir d’aise :  Aaahhh.  Il n’y a rien d’autre d’important. Mais on va se dire, “Il y a quelque chose que je dois faire, que mes parents, mon maître, ma culture. veulent que je fasse”. Le secret est :  ne rien faire, absolument rien, jusqu’à ce Aaahhh.  Toute activité, qu’elle soit physique, mentale, émotionnelle, ou Tattvique, doit être précédée par  Aaahhh…, la tranquillité, la paix ; et pendant quelques secondes, il n’y aura que le calme du mental.  Saisissez cette tranquillité. Si vous la perdez, saisissez-la encore dans un soupir. Dans cette paix, vous trouverez ce que vous devez vraiment faire et ce que vous ne devrez pas faire.

Souvenez-vous de l’histoire de la femme qui voulait se marier ; elle s’est mariée et a dit après, “Ce n’est pas ce que je voulais”. Les Tattvas créent leur univers. Dans la paix, nous pouvons créer de manière pure et harmonieuse. Permettez à toute activité de venir seulement après cette tranquillité, après le  Aaahhh…

Aimez la Vie. Cessez de demander à la vie de vous aimer. Nous devrions être tellement remplis de joie de vivre, que nous ne devrions pas nous faire de soucis pour la prochaine vie.

Notre vie est notre vie parfaite. Si vous n’êtes pas heureux de votre vie imparfaite, c’est que le chakra Cœur est déconnecté du reste. C’est que le Tattva du cœur est déconnecté du reste.

Tournez la tête à gauche et expirez Ha ha. Prenez conscience de votre existence physique. Ce corps-ci est votre karma, votre corps spirituel. On cherche toujours quelque chose qui est dans notre mental, mais pas dans la réalité. Vous aurez toujours un corps, émotionnel, astral, causal. Soyez juste heureux. Renoncez, lâchez prise. Abandonnez votre pensée, mais pas votre vie. Quand vous aimez, juste aimez.

Namasteji.

Goswami Kriyananda in Les TATTVAS, Clés des Mathématiques Divines

Nous sommes immortels… mais nous l’avons oublié !

Chakra dans l'univers

“Il était une fois en un temps yogi un mari et sa femme à une époque troublée par des problèmes économiques. Les  gens cambriolent et volent de la nourriture. La femme est paralysée. Le mari, soucieux de la sécurité de son épouse, l’emmène à la montagne et la cache dans une grotte.

Chaque jour, en mendiant, il rapporte un morceau de pain à sa femme, qui le mange ; et ainsi de jour en jour, mois après mois, jusqu’à ce que l’homme meure de faim, et donc, l’épouse aussi…  Quelle Leçon peut-on tirer de cette parabole ? Le mari devait apprendre à manger la moitié du pain, sinon un tiers, sinon un quart. Et la femme devait voir qu’il a mangé un quart du pain. Apprenez à manger un quart du pain de la vie, et apprenez-le également à vos proches ou a à vos  patients.”

Selon le Yoga, toute maladie est karmique. Le karma est le Tattva Saturne, la constriction. Cependant, Saturne est bénéfique si vous voulez construire quelque chose, des fondations. Mais le corps change et bouge par des mouvements internes et externes, ce qui provoque stress, douleurs et maladies (les constrictions de Saturne ).

L’un des grands dangers du Tattva Saturne est la constriction psychologique de la culpabilité. Il y a deux fléaux dans ce monde, deux damnations psychologiques : la culpabilité et la peur. Ces deux pensées sont liées.

Pour guérir de la maladie, faites momentanément des choses égoïstes. Afin d’aider une personne atteinte d’une maladie grave à se guérir, nous devons lui permettre de faire des choses qu’elle pense être égoïstes.  Nous devrions réserver un jour par semaine à la joie et à la sérénité, en restant calme, relaxé.

Un jour par semaine, vous devriez rester au lit toute une journée, relaxé, en respirant profondément, sans vous occuper du mari, de la femme ni des enfants, en visualisant les pensées et les souvenirs les plus beaux et les plus harmonieux possibles. Aimez cela et observez vos pensées. Toutes ces pensées que vous avez lorsque vous êtes allongé dans votre lit, détendu, sont de 2 sortes : Les pensées d’hier, qui sont des pensées de culpabilité et de colère, et les pensées de demain, qui sont des pensées d’appréhension, de peur.

Dans le passé, nous avons fait ce que nous voulions faire. Maintenant nous sommes en colère, et nous le reprochons à quelqu’un d’autre. Lorsque vous êtes allongé dans votre lit, observez le flux des pensées pour ainsi reconnaître la colère du passé et l’appréhension du futur. Voici l’un des plus grands secrets de l’Univers : Lorsqu’on inspire automatiquement, on est concerné par hier. Lorsqu’on expire automatiquement, on est branché sur demain. 

Aussi allongez-vous confortablement ou asseyez-vous. Tournez votre tête vers la gauche et expirez deux fois par la bouche ouverte de manière prononcée, /Ha Haaaa/. Puis ramenez votre tête au centre et concentrez-vous sur l’énergie du Lion en Ajna.  Votre corps est immobile, en attention sans tension. N’essayez pas de respirer ; n’essayez pas de ne pas respirer. Laissez le souffle se respirer de lui-même. En inspirant naturellement, chantez mentalement HONG. En expirant naturellement, chantez mentalement SAU

Il n’y a pas de Mantra lorsque le souffle est immobile entre les deux. Ce faisant, vous vous déplacez du champ Masculin vers le champ Féminin sur HONG ; et du champ Féminin vers le champ Masculin sur SAU. Ésotériquement, nous nous déplaçons d’un côté du Tattva vers son autre côté.

La peur et la colère sont des champs magnétiques, des énergies qui vous placent dans les franges extérieures de la vie. Quand vous rencontrez des pensées du passé, laissez-les passer, s’en aller et laissez s’évanouir la colère. Lorsque vous contactez les pensées de demain, laissez-les s’en aller et laissez disparaître l’appréhension. Ce faisant, le Tattva quittera les signes afin de pénétrer à l’intérieur du Bindu, au centre du chakra. Le Bindu, c’est le centre de l’être. Lorsque le Tattva est sorti des signes, il devient harmonieux et capable de guérir. Quand cela arrive, c’est l’équilibre et l’harmonie. 

Le rythme respiratoire nous maintient émotionnellement dans des schémas passés ou futurs, mais jamais dans le présent. Si nous pouvons être centré dans l’ici et le maintenant, nous libérons les Yoga Siddhis, les énergies Divines de guérison (Siddhi signifie Divin). Lorsque nous sommes en relation avec des patients, nous devrions leur apprendre cette technique.

Le chemin du Kriya Yoga est le Chemin des Mantras. La pensée est Mantra, la parole est Mantra. Il est important d’encourager les gens à prendre conscience de leur colère et de leur appréhension. En Yoga, nous devons corriger ces deux aspects pour aller vers la guérison, sinon la maladie s’aggravera ou la personne reviendra avec.

Nous sommes immortels ; le problème est que nous l’avons oublié. Nous devons nous en souvenir ! Mais le souvenir des événements du passé est limité. Le souvenir des événements du futur est également limité. Ce n’est que dans l’ici et le maintenant qu’existe la notion de l’Infini, de l’illimité. Enfin, il est essentiel dans le processus de guérison d’aider les gens à se voir eux-mêmes et à s’accepter tels qu’ils sont ; sinon, cela entraînera une pérennité de la maladie.   

Les miracles ne peuvent se produire que dans le maintenant, dans une respiration suspendue. ”

Je veux suivre ce cours

Goswami Kriyananda in Les Tattvas, Clés des Mathématiques Divines

Devenir conscient du Soi pour atteindre l’Immortalité

Image de rochers dans la mer entre chien et loup

“Le but mystique est devenir conscient dans l’état inconscient. Cela signifie devenir conscient dans l’état du sommeil, dans l’état de rêve et aussi dans l’état de veille quotidien. Les gens ne sont pas très conscients. Le but est de devenir plus conscient… de devenir plus conscient du Soi et de la Création qui existe à l’intérieur. En termes mystiques, cela signifie que la mort (l’inconscience) doit être vaincue.

Le but est donc de devenir Immortel, d’être à jamais conscient de soi et de la création que l’on crée et dissout… ainsi que de la Création où l’on peut se trouver : Le Rêve de Dieu.

Cela nous ramène au concept de notre création et de la Création, de la projection secondaire et de la Projection Primordiale. Lors du barattage de l’Océan de Lait, entre autres choses s’est manifesté l’Élixir d’Immortalité auquel était mélangé du poison. Ce symbole ressemble à la Vie, vous devez prendre le bon avec le mauvais. Mystiquement, l’Élixir d’Immortalité au fond de l’Océan est au fond du mental. Tout est vivant. Lorsque vous commencez une discipline spirituelle, vous barattez l’Océan de Conscience. Nombre de choses viennent à la surface du mental. Vous brassez des émotions, des peurs, des colères et des choses du passé. Tout cela doit être traité. Baratter ainsi l’Océan du mental requiert de gérer des choses qui sont toxiques dans notre Mental et notre Nature.

Le poison, ce sont ces choses du passé qui vous ont empoisonnés jadis et encore maintenant ! Nous devons entrer dans les profondeurs du Mental et calmer les Eaux. La plupart d’entre nous boivent seulement le karma du poison du passé. Consciemment et inconsciemment, les Dieux et les mystiques firent appel à leur Ishta Devata pour boire le karma toxique à notre place. En retour, nous aidons à supprimer le karma toxique d’autrui. (Ici encore, différents niveaux de créations.)

En termes mystiques, la plus grande partie de notre être doit boire le poison et le neutraliser pour que la plus petite partie de notre être ne meure pas et pour obtenir les avantages de l’Élixir d’Immortalité. Mais, entre-temps, nombre de choses requièrent d’être traitées. “

Commander Les Puranas, Mythes de la Création

Goswami Kriyananda in Les PURANAS, Mythes de la Création, Chap. XII

Aham Brahmasmi ! Cette créativité je suis !

Dunes de sable dans le désert de la vallée de la mort

“Dans l’ancienne Atlantide vivait un tailleur de pierres. Il avait appris son métier tout enfant en travaillant aux côtés de son père, l’aidant à extraire le calcaire des chaînes de montagnes au Sud des anciennes Grandes Rivières. De longues années d’apprentissage passèrent pendant lesquelles le garçon pensait ardemment au jour où il deviendrait maître tailleur de pierres. Lorsque son père mourut de dure main-d’œuvre physique et de soleil implacable, le garçon demanda à sa mère, “Qui sera maintenant le maître tailleur de pierres ? Qui finira de m’apprendre le métier ?”

Sa mère prit doucement ses mains rendues rugueuses par le travail dans les siennes et dit, “Ces mains témoignent de tes longues années d’apprentissage. C’est toi qui es maintenant le maître et c’est toi qui apprendras le métier à tes apprentis. Tu es un grand tailleur de pierres. Présente-toi maintenant au Roi et offre-lui tes services”.

Le jeune maître ne fut que peu de temps au service du Roi avant de devenir maître tailleur de pierres. Il forma beaucoup d’apprentis. Mais intérieurement, le tailleur de pierres se sentait le maître de rien. Chaque jour il se rendait à la montagne, ciselant et travaillant dur et chaque nuit il revenait, regardant ses créations achevées. Il sentait que le vent du désert le narguait en laissant les sables éroder et balafrer ses travaux comme pour lui rappeler, “De la terre ils sont venus, au monde ils retourneront un jour”.

Il pensait, “Je voudrais être puissant comme le vent au lieu de simple tailleur de pierres impuissant ne pouvant créer que d’éphémères monuments de pierres. Si j’étais le vent, je soufflerais tout et montrerais au Roi quel est le vrai pouvoir”. Son désir devint si intense qu’il devint le vent et créa une tempête de sable aveuglante qui renversa le pavillon du Roi. Il souffla aussi fort qu’il put mais bien qu’il balafrât et grêlât les créations de pierres puissantes, il ne put les éroder au point de les anéantir. “Cela peut prendre du temps”, pensa-t-il.  

On avait appris aux tailleurs de pierres novices d’éviter les formations de pierres sombres pendant les mois de longue lumière solaire, dans la chaleur du soleil ascendant. Se souvenant de cela, à de rares occasions il avait vu un morceau d’obsidienne sombre qui avait été exposé au soleil exploser sous l’effet de la chaleur, il pensa, “C’est difficile d’être le vent, tant de labeur et si peu de pouvoir comparé au puissant soleil. Après tout, le soleil est responsable de la création des sables désertiques secs. Le soleil a même le pouvoir de vaincre des tailleurs de pierres sous l’éblouissement de ses rayons de midi. Je voudrais être le soleil.”  

Il le pensa si intensément qu’il devint le soleil. Fièrement il rayonna sur les monuments de pierres du Roi provoquant un éblouissement si puissant qu’il aveugla tous ceux qui l’entrevirent. Si violents et implacables furent ses rayons que les eaux du Grand Fleuve Atlante s’évaporèrent en nuées d’orages suspendus juste devant lui, obscurcissant son puissant rayonnement. “Tant de pouvoir”, pensa-t-il des eaux devenant des nuées d’orages. “Je voudrais être des nuages assez puissants pour arrêter même le soleil ! ” Et il devint donc les nuages.

Une obscurité indigo tomba sur Atlantis. Son poids et sa densité lui donnèrent un ressenti de puissance en découvrant son pouvoir de faire pleuvoir sur la Vallée du Grand Fleuve, causant des inondations. Il extermina les récoltes et dévasta la terre ; pourtant, en dépit de ses efforts, il ne put détruire les montagnes qui dominaient les régions au Sud du grand Fleuve ; ni éroder ses grands travaux d’art. Ses travaux le raillaient avec leur durabilité. “Enfin je comprends”, pensa-t-il, je me suis mépris. J’aurais dû devenir la montagne. Rien n’est plus puissant que les roches de montagnes et les créations nées d’elles. Nul vent ne peut les balayer, nul feu ne peut les consumer, nulle eau ne peut les emporter. Je voudrais être la montagne”.

Il ferma les yeux et devint la montagne. Il ressentit la chaleur du soleil mais ne fut pas brûlé parce que son intérieur était frais. Il ressentit les pluies le laver mais elles ne firent que glisser sur son dos. Il ressentit le souffle des vents mais sa puissance les frustra. Il était enfin confortable et sombra dans une torpeur suffisante. Soudain, il ressentit des centaines de douleurs aiguës poignarder tout son corps rocheux. “Quel pouvoir put m’éveiller de mon sommeil éternel ?” se demanda-t-il. “Vraiment, cela doit être le summum. Je deviendrai cela ! “

Et il s’éveilla en tailleur de pierres, marteau et ciseau en main, le front ruisselant de sueur et le plus grand mystère de l’univers gravé en relief sur son cœur et engrammé dans sa mémoire : les créations faites de la terre retournent à la terre, mais rien sur terre ou au ciel n’est plus puissant que la créativité qui leur a donné la naissance. Cette créativité je suis.  Aham Brahmasmi ! “

— Goswami Kriyananda in La Science Mystique du Kriya Yoga, Chap. 2, Tome II

0
Votre panier est vide

Il semblerait que vous n'ayez pas encore ajouté d'articles à votre panier.

Parcourir les produits